Extraits de :


L'ABC DES QUAIS
de Max Burns

Produit par Cottage Life (www.cottagelife.com)
en collaboration avec Pêches et Océans Canada

Pour un exposé complet sur les quais, y compris les plans et les techniques détaillées de construction, vous devrez vous procurer The Dock Manual (Storey Books), la seule ressource qui explique toutes les facettes de la construction de quais résidentiels. Par coïncidence, The Dock Manual a aussi été écrit par l’auteur du présent ABC, ce qui explique comment j'ai pu impunément y emprunter quelques idées.

Ce qui importe le plus de savoir au sujet de la construction de quais, c'est qu'aucun quai n'est une structure autonome. Un quai doit travailler en harmonie avec ce mariage parfois difficile de la terre et de l'eau, que l'on appelle le rivage, et avec les diverses utilisations que vous et votre famille envisagez pour ce rivage.

 

PERMIS
POUR LA
CONSTRUCTION
D’UN
QUAI

Pour commencer, vous devrez obtenir l'approbation d'au moins un organisme gouvernemental, probablement plusieurs. Il importe de se rappeler que certaines municipalités exigent maintenant des permis pour la construction de quais. Votre première halte est au bureau de la municipalité. Le choix suivant sera le ministère des Richesses naturelles (MRN), puis Parcs Canada et enfin le MPO. Vous n'aurez peut-être pas besoin de vous adresser à chacun de ces organismes séparément. Par exemple, certains bureaux de Parcs Canada peuvent s'occuper de tout le processus au nom des autres ou encore le MRN peut se charger de tout; le seul moyen infaillible de le savoir est de le demander.

Le fait d'avoir une carte du site, sur laquelle est soigneusement détaillé le projet proposé, réduit la paperasserie. La taille, la forme et l'emplacement de votre quai - voire la possibilité que vous en ayez un - seront tous soumis à l'examen des autorités constituées; ne vous étonnez donc pas si on vous demande d'apporter des modifications. Mais il est beaucoup plus facile et plus économique de faire des ajustements à cette étape-ci, alors que votre quai est encore sur papier et effaçable, que de modifier les travaux finis.

 

IMPACTS
DES QUAIS
SUR
L’ENVIRON-NEMENT

IL faut d’abord dresser la carte de votre rivage. Ceci facilite grandement le choix de l'emplacement, du type et de la taille de quai qui conviennent le mieux à vos besoins et à votre budget, que vous exécutiez les travaux vous-même ou que vous fassiez appel à un professionnel.

Si vous connaissez les lieux de nidification des oiseaux aquatiques (souvenez-vous des canetons qui passent à la nage au printemps), les zones de frai des poissons ou les marécages, marquez-les également sur la carte. Mais n'incluez pas encore les quais devant être construits. Cependant, prenez des photos. Durant l'été, bien sûr, mais aussi durant l'hiver et durant la débâcle au printemps, s'il y a possibilité. Même si votre chalet est un endroit tranquille où vous vous retirez l'été seulement, le rivage est là toute l'année, et la glace du printemps risque d'arracher tout ce que vous pourriez décider d'ajouter, même des caissons en béton armé.

La masse d'eau devant votre propriété existe en raison d'un équilibre délicat de la nature qui a évolué au fil de nombreux millénaires. La bande étroite de terre connue sous le nom de rivage - un conglomérat interdépendant comprenant l'eau et les terres de surface et terres immergées - représente le morceau de planète le plus sensible sur le plan écologique que la plupart d'entre nous sont susceptibles de rencontrer. C'est aussi la raison pour laquelle nous avons choisi d'habiter ce petit morceau de la planète. Malheureusement, tout ce que nous faisons sur le rivage ou près de celui-ci interrompra inévitablement l'équilibre, détruisant parfois non seulement le littoral, mais aussi la qualité de l'eau et bon nombre des innombrables plantes et animaux dont la survie dépend de cette zone côtière.

L'objectif de la construction efficace de quai n'est pas de supprimer l'impact que nous causons - un objectif impossible à atteindre - mais de réduire au minimum cet impact. La préservation du charme et de la vie abondante du rivage et la réalisation de nos rêves concernant le plan d'eau n'ont pas à être des objectifs incompatibles. Avec un peu de planification et grâce à l'utilisation de bonnes pratiques de construction de quais, cela peut devenir un objectif commun.

 

FORMES
ET
GRANDEURS
DE
QUAIS

 

Plus un quai est gros, plus il risque de faire du tort à la nature. Tous les quais présentent la possibilité d'interrompre suffisamment les courants pour éroder les terres immergées et les rivages (y compris ceux appartenant à vos voisins), d'augmenter l'ombrage des terres immergées et de perturber les terres immergées par leur empreinte apparemment inoffensive. Tout cela menace de détruire la flore aquatique, l'habitat du poisson et les zones de frai.

La largeur minimale pratique pour tout quai est trois pieds. Il faut prévoir cet espace pour permettre à deux personnes de passer sans qu'une des deux ou les deux ne risquent d'être jetées à la baille. De plus, comme vous le verrez lors de notre discussion sur les divers types de quais, la plupart des quais requièrent des dimensions minimales et leur stabilité en souffre si vous essayez de les réduire encore. Si vos besoins sont modestes (peut-être en rare harmonie avec votre budget), le rectangle de base peut s'avérer votre meilleure option. Cependant, en ajoutant une deuxième section rectangulaire perpendiculaire au premier quai (à la partie profonde), la forme en T ou en L qui en résulte accroît la stabilité du quai.

MATÉRIAUX
POUR
LA CONSTRUCTION
D’UN
QUAI

 

Le principal problème affligeant les quais est commun à tout ce qui existe dans l'univers : l'entropie, ou l'idée que rien n'est éternel. Le bois, le métal, le plastique, le béton - tous les ingrédients de base de la construction de quai - et même la fondation rocheuse de la nature elle-même, sont tous constamment soumis à deux forces très destructrices : la contrainte et la détérioration.

La détérioration se fait souvent complice de la contrainte pour causer la destruction. Le bois pourrit, le plastique se dégrade, le béton s'épaufre et se fissure, le métal se corrode et la roche s'érode; tout cela fait partie intégrante du processus régénératif de la nature.

Le secret de la longévité consiste donc à utiliser des matériaux bien conçus et appropriés pour prévenir la détérioration. C'est la deuxième règle de la construction.

LE BOIS

Le bois est l'élément le plus courant dans la construction de quais résidentiels. Par contre, c'est au plan d'eau que le bois subit les pires conditions : tantôt humide et gras, tantôt sec et mince. Par conséquent, l'assemblage de morceaux de bois dans la construction d'un quai requiert des techniques différentes de celles acceptées dans la construction de maisons.

Les sortes de bois de premier choix pour la construction de quais sont le thuya géant, le bois du Brésil, le cyprès et le thuya de l'est (dans cet ordre), tous d'une longévité et d'une beauté raisonnables. Pour la plupart des quais, c'est également la liste de bois de charpente privilégiée, mais pour les encoffrements de quai et les pieux permanents, des bois plus tenaces, comme le Douglas taxifolié, la pruche et le mélèze laricin (dans cet ordre) constituent un meilleur choix. Malheureusement, ce groupe n'est pas aussi résistant à la pourriture que le premier groupe. Pour les pieux permanents, on peut utiliser le mélèze occidental, le pin et même l'épinette si le sapin n'est pas disponible.

Malheureusement, la solution standard pour préserver le bois, à savoir la peinture et la teinture, ne convient pas aux quais. Tout revêtement que vous appliquerez sur un quai se décolorera, cloquera et s'écaillera. En plus d'avoir très mauvaise mine, les revêtements endommagés retiendront l'eau, créant ainsi un endroit idéal où une famille de champignons pourrait être tentée d'élire domicile. Par conséquent, vous pouvez soit décaper le quai et y appliquer un nouveau revêtement tous les deux ou trois ans, soit utiliser les espèces de bois de premier choix et suivre le conseil de nombreux constructeurs de quais : laissez le bois prendre naturellement un ton de gris, une option qui convient tout à fait à ma morale du travail minimal.

Il y a encore l'épinette ou le pin traité sous pression, cette solution de rechange vert grenouille que l'on voit sur d'innombrables terrasses, portiques d'escalade et murs de revêtement de banlieue. L'épinette ou le pin traité sous pression coûte environ de 20 à 30 % moins cher que les espèces de premier choix pour le pontage, telles que le cèdre, mais comme les qualités de bois mises de côté pour le traitement sont habituellement faibles, le bois traité sous pression est habituellement plus vulnérable au gauchissement et au fendillement lorsqu'il est exposé aux intempéries que les espèces non traitées pour le pontage, et même que certaines des espèces de bois de charpente, comme le sapin. La plupart du bois qui pose des problèmes porte l'étiquette S-GRN (les produits chimiques appliqués alors que le bois est humide à cause de la sève et donc pas aussi absorbant); le bois traité sous pression étiqueté S-DRY est habituellement de bien meilleure qualité et dure plus longtemps, mais il est aussi plus dispendieux. Étant donné que le bois traité sous pression risque de filtrer des produits chimiques dans l'environnement, son utilisation est interdite pour les plans d'eau dans certaines régions et, dans tous les cas, la construction doit avoir lieu bien à l'écart du rivage, et il faut laisser le quai fini sécher à fond et « vieillir » avant de le mettre à l'eau. Le travail avec du bois traité sous pression est plus difficile, la sciure de bois est considérée toxique et chaque extrémité coupée doit être enduite d'un produit de préservation du bois approuvé; tout cela expose le constructeur (sans mentionner la flore et la faune aquatiques) à de vilains produits chimiques.

Un compromis raisonnable consiste à utiliser le bois traité sous pression pour la charpente du quai et à garder les espèces de premier choix pour le pontage; on réduira ainsi le risque d'exposer la peau à des produits chimiques potentiellement dangereux.

Bien que vous deviez utiliser du vrai bois pour la charpente de votre quai, le plastibois peut s'avérer un excellent choix pour le pontage. Bien installé, il peut durer longtemps.

LE PLASTIQUE

Le plastique est devenu un matériau de construction courant pour les quais. Comparativement à la plupart du bois, des métaux ou du béton, les types de plastique employés dans la construction de quais sont relativement peu résistant et manquent de dureté, ce qui exclut leur utilisation pour les travaux de charpente. Le plastique, par contre, est le principal matériau utilisé pour les flotteurs de quais et lorsqu'il est soutenu par une structure appropriée - habituellement fabriquée de bois, de métal ou de béton - il peut être utilisé pour le pontage. Le plastique est également imperméable et résistant à la détérioration, ce qui présente un net avantage pour la construction de quais.

Le coût d'un pontage de plastique se situe habituellement entre celui d'un pontage de cèdre et celui d'un pontage de bois traité sous pression; certaines variantes sont toutefois plus coûteuses que même les espèces de bois de premier choix pour le pontage.

Le pontage de plastique est habituellement offert sous forme de « madriers » traditionnels de polyéthylène massif (PE), les produits d'extrusion étant fabriqués à partir de chlorure de polyvinyle (CPV) et les composites à partir de PE recyclé et de sous-produits du bois. Malheureusement, le pontage tout en plastique a tendance à s'affaisser, ce qui signifie que le pontage ne peut pas dépasser la portée des conceptions de quais traditionnelles (vérifiez auprès du fabricant de pontage).

Le pontage de plastique est plus fragile que le bois et plus enclin à se fendre durant l'installation (suivez donc les directives), mais lorsqu'il est bien installé, il peut certainement durer longtemps.

 

QUAIS FLOTTANTS

 

Le prix choix du public va aux quais flottants. Les quais flottants sont relativement faciles et peu coûteux à construire, ils s'adaptent à la plupart des rivages et comme ils sont soutenus par l'eau, la distance entre le sommet du pont du quai et le niveau de l'eau - connue sous le nom de franc-bord - reste presque constante, variant seulement selon la charge du quai et la haute mer (les deux variances étant minimes sur un quai flottant bien conçu et bien construit). De plus, étant donné que le quai flottant ne compte pas sur les terres immergées pour le tenir debout, il n'y a pas de profondeur d'eau maximale qui empêche son utilisation.

Du point de vue écologique, les quais flottants causent une perturbation directe minimale des terres immergées, celle-ci provenant habituellement des petites zones perturbées par les ancres ou les pieds (les façons les plus courantes d'amarrer un quai flottant en place). En fait, si le quai flottant n'est attaché qu'à la rive, il peut n'y avoir aucun contact avec les terres immergées. Cependant, les quais flottants peuvent cacher les plantes aquatiques de la lumière du soleil - détruisant ainsi l'habitat du poisson - et ils peuvent également causer l'érosion des rivages .

Par conséquent, les quais flottants ne conviendront pas n'importe où. Par exemple, un quai flottant doit avoir un tirant suffisant pour permettre à ses flotteurs de reposer sur l'eau, plutôt que de heurter les terres immergées (ce qui peut nuire au quai et à l'habitat aquatique). Une profondeur de 3 pi (mesurée à la laisse de basse mer) est la profondeur normale minimale acceptée; cependant, une profondeur moindre peut convenir si le niveau d'eau ne varie jamais et que la zone ne soit pas assujettie à une forte action des vagues.

Les quais flottants manquent souvent de stabilité. L'opinion générale parmi les constructeurs de quais est qu'un quai flottant doit mesurer au moins 6 pi x 20 pi pour être stable, cette simple section faisant le poids imposant d'environ 1 000 lb, au moins.

Dans les régions où l'état des glaces interdit une solution quatre saisons, le quai flottant est avantageux en ce sens qu'il peut être retiré de l'eau à l'automne et replacé au printemps (bien qu'au prix de gros efforts dans certains cas). Ceci étant dit, un grand nombre de quais flottants sont laissés en place toute l'année, là où l’action des vagues et l'état des glaces le permettent.

Outre la taille et la forme, le type de flotteur et l'emplacement des flotteurs contribuent également à la stabilité. En règle générale, on rehaussera grandement la stabilité du quai en installant les flotteurs vers le périmètre du quai, plutôt qu'en retrait vers l'axe longitudinal du quai.

QUAIS
SUR
PIEDS
TUBULAIRES

 

En raison de leur faible contact avec les terres immergées, les quais sur pieds tubulaires ne nuisent pas au milieu aquatique.

Une rampe en bois de 4 pi de largeur reposant à environ un pied au-dessus de l'eau sur de longs pieds minces descendant jusqu'à la terre immergée, est un quai sur pieds tubulaires. Comme le quai est en grande partie en dehors de l'eau et que le contact avec la terre et l'ombrage des plantes aquatiques sont maintenus à un minimum, le simple quai sur pieds tubulaires est habituellement celui qui perturbe le moins l'environnement parmi tous les types de quais. Les quais sur pieds tubulaires sont habituellement l'option la moins coûteuse.

Un quai sur pieds tubulaires, qui peut être fabriqué plus petit mais quand même rester stable, peut représenter un meilleur choix dans les bas-fonds.

Contrairement au quai flottant, le franc-­bord du quai sur pieds tubulaires varie au fur et à mesure que l'eau monte ou baisse. Si le lac ou la rivière sur votre rivage bat doucement en retraite durant la saison, il est habituellement possible d'abaisser le pont du quai sur ses pieds de façon à l'adapter aux fluctuations modérées des niveaux d'eau. Il est parfois même possible de faire face à des fluctuations extrêmes en déplaçant le quai plus loin sur le rivage. (Le poids léger du quai est un net avantage ici.) Il est également possible de munir certains pieds de roues pour faciliter encore plus le déplacement du quai. Sachez que le moindre mouvement de la glace risque de replier comme un accordéon un quai sur pieds tubulaires. Prévoyez donc de déplacer le quai au moins deux fois par année, ou d'en acheter un neuf chaque printemps.

Étant donné que le pont et la charpente d'un quai sur pieds tubulaires restent élevés au-dessus de l'eau, il n'y a qu'une très petite surface à découvert à la ligne de flottaison qui est exposée aux caprices de la nature. Le quai sur pieds tubulaires est donc un bon candidat dans les situations où il se déroule une grande activité en surface, comme sur les lits de rivière à fort trafic où le sillage des bateaux qui passent peut poser un problème. Cependant, comme les vagues passent sous le quai dégagé de tout obstacle, tout bateau amarré sur le côté opposé sera exposé au plus gros du choc des vagues.

De par sa conception, le quai sur pieds tubulaires peut être construit plus petit qu'un quai flottant, mais quand même rester stable. Règle de base concernant les quais sur pieds tubulaires : la largeur du quai doit être d'au moins trois pieds et jamais moindre que la profondeur de l'eau. Plus les pieds s'allongent, plus la stabilité en souffre. Pour cette raison, une profondeur de 6 pi ou 7 pi est considérée la profondeur d'eau maximale pour les installations de quais sur pieds tubulaires. Optez pour un des autres types de quais, tels que le quai flottant - pour des eaux plus profondes.

 

QUAIS
LEVANTS

 

Ce type de quai est offert en trois saveurs : quais sur pieds tubulaires levants, quais flottants levants et quais suspendus levants, chacun reposant sur une base non levante. Le franc-bord de chacun est le même que pour les versions non levantes.

Côté conception, le quai levant semble fonctionner comme le pont mobile classique. Or, bien que le pont mobile était traditionnellement levé pour protéger le château contre les visiteurs de fin de semaine indésirables, le quai levant est hissé pour assurer sa propre protection, hors d'atteinte de la glace hivernale.

Les restrictions quant à la taille et l'impact sur l'environnement des trois versions de quais levants sont les mêmes que pour leurs homologues non levants.

QUAIS PERMANENTS

 

 

Les quais permanents résidentiels (par opposition aux quais commerciaux) peuvent être classés en trois catégories : les quais à encaissement, les piliers de béton et les quais sur pieux permanents.

Le terme « permanent » reflète davantage un objectif qu'une réalité, car la permanence est un concept méconnu par la nature. Le mouvement des glaces peut faire tomber les encaissements, faire sortir les pieux de la terre immergée et pousser les piliers de béton sur la rive. Cependant, grâce à de bonnes techniques de construction et dans les conditions appropriées, un quai permanent peut être fabriqué de façon à résister à la nature, et peut-être offrir ses loyaux services pendant plusieurs générations.

Étant donné que le franc-bord varie selon les fluctuations du niveau d'eau, les quais permanents sont souvent utilisés conjointement avec des quais flottants, le quai flottant étant fixé à la structure permanente de façon à pouvoir monter et descendre au gré des niveaux d'eau fluctuants.

Quais à encaissement

Un encaissement est un emballage, une mise en caisse. Il s'agit de tonnes de roches et de cailloux. Un encaissement approprié est fabriqué à partir de bois d'oeuvre coupé à l'équerre. Les madriers sont assemblés en paires opposées, une paire disposée sur le dessus de la suivante, de manière à créer une sorte de caisse à claire­voie intégrant un plancher. Des tiges filetées s'étendent sur toute la hauteur de la caisse à chaque coin afin d'immobiliser les madriers. La caisse est ensuite remplie de roches, fournissant la masse nécessaire pour affronter la nature.

La profondeur d'eau maximale pour un encaissement est d'environ huit pieds. Pour une stabilité optimale (requise pour repousser les attaques de la nature), la hauteur totale d'un encaissement devrait au moins égaler sa largeur totale. Cela donne évidemment une très grande caisse qui, pour être remplie, requiert une tonne ou plus de roches. Et toutes ces roches doivent provenir du rivage et non pas des terres immergées à proximité (ce qui perturberait l'habitat du poisson).

Sur le plan écologique, les quais à encaissement ne sont pas les plus destructeurs. Or, comme un encaissement couvre une vaste superficie de terrain immergé, étouffant essentiellement tout ce qui se trouve en dessous, les quais à encaissement sont non-recommandés.

Quais sur pieux permanents

Le quai sur pieux permanents est une version lourde et à long terme du quai sur pieds tubulaires; il s'agit encore d'une rampe sur de longs pieds, mais elle n'est certainement pas portative. Au lieu de reposer sur la surface des terres immergées (comme dans le cas des quais sur pieds tubulaires), ce quai prend appui sur de longs poteaux de bois ou tubes d'acier ou de plastique - tous connus sous le nom de pieux - enfoncés dans la terre, directement ou dans des trous préalablement forés.

Le quai sur pieux permanents partage bon nombre des avantages écologiques du quai sur pieds tubulaires : contact minimal avec les terres immergées, libre circulation de l'eau en dessous et possibilité de construire un quai relativement étroit qui soit encore assez stable.

 

QUAIS
EN
PORT
E-À-FAUX OU
SUSPENDUS

Les quais en porte-à-faux et quais suspendus sont ceux qui perturbent le moins l'eau ou les terres immergées; il est en effet difficile de perturber ce qu'on ne touche pas.

Le quai en porte-à-faux fonctionne de la même façon qu'un balcon en surplomb d'un immeuble d'habitation : la charpente du quai s'étend depuis la rive au­dessus du point d'appui, puis au-dessus de l'eau. La longueur maximale du quai, et quelle partie de cette longueur doit être au sol, est déterminée selon l'efficacité avec laquelle l'extrémité terrestre - celle qui supporte la charge - est attachée à la rive.

Ordinairement, un quai en porte-à-faux requiert une longueur de 2 pi de quai sur la rive pour chaque longueur de 1 pi qui dépasse le point d'appui, quoique j'ai déjà vu des quais en porte-à-faux intégrés à des cloisons en bois (murs construits parallèlement au rivage et habituellement sur le rivage) qui utilisaient un plus petit ratio, soit une longueur de 1 pi sur la rive pour chaque longueur de 1 pi en porte-à-­faux; ce ratio peut être encore moindre lorsque l'extrémité terrestre est noyée dans une cloison en béton ou une fondation rocheuse massive.

Lorsqu'un grand pont à terre est souhaitable (comme sur un rivage jonché de roches), le quai en porte-à-faux est une option raisonnable.

Le quai suspendu relie un bout de terrain à l'eau et votre bateau. Une tour rectangulaire soutient une paire de câbles ancrés bien loin sur la rive de façon à maintenir le pont suspendu au dessus de l'eau (tout comme l'entrée au pont mentionné ci-dessus).

Cependant, comme dans le cas des quais flottants, l'ombrage créé par ces quais sur le milieu aquatique pourrait nuire à la vie aquatique. Par ailleurs, les deux types de quais perturberont le rivage, particulièrement le quai en porte-à-faux, qui à son tour risque de perturber à la fois la vie aquatique et la vie terrestre.